Israël-Palestine : le Jihad islamique, enfant terrible de Ga

Conflit Israélo-musulman ou David contre Goliath
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Israël-Palestine : le Jihad islamique, enfant terrible de Ga

Nouveau messagede TCRS » 14 Mar 2014 16

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On ne parle que de lui. Tirs de roquettes sur Israël ou cargaison d'armes en provenance de l'Iran, le Jihad islamique s'impose peu à peu comme le principal rival armé du Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007. Première organisation palestinienne à avoir allié la lutte nationaliste et l'islamisation de Gaza à la fin des années 1970 (le Hamas n'a rallié la cause nationaliste qu'à partir de la première Intifada, en 1988, NDLR), le Jihad islamique ne participe pas pour autant à la vie politique gazaouie.

Plus agressif que le Hamas

Minoritaire et moins implanté que le Hamas, il concentre toute son énergie sur la lutte armée. "Opposé à toute négociation avec Israël, ce mouvement, empreint d'une logique révolutionnaire, est aujourd'hui le bras de Téhéran à Gaza", assure David Rigoulet-Roze, chercheur de l'Institut français d'analyse stratégique (Ifas). En témoigne la très médiatique interception par Israël, la semaine dernière, d'une importante cargaison d'armes iraniennes qui, d'après Tsahal, lui étaient destinées.

Et le mouvement a failli provoquer mercredi une crise d'une tout autre ampleur. En moins de 24 heures, le Jihad islamique a tiré pas moins d'une soixantaine de roquettes contre le sud de l'État hébreu, soit davantage que le bilan cumulé depuis le début de l'année, forçant des milliers de civils israéliens à se réfugier dans les abris. "Bien plus petit que le Hamas, le Jihad islamique est beaucoup plus agressif que lui", souligne Ely Karmon, chercheur en problématique stratégique et en contre-terrorisme au centre interdisciplinaire de Herzliya (Israël).

En représailles, l'aviation israélienne a mené mercredi soir une trentaine de raids contre les positions des Brigades Al-Qods, la branche armée du Jihad islamique, mais aussi contre celles des Brigades Ezzedine al-Qassam, les forces du Hamas. Si un calme relatif est revenu jeudi au Proche-Orient, les raisons d'un tel embrasement restent confuses, d'autant que les deux camps étaient engagés dans une trêve qui fonctionnait depuis novembre 2012 et la fin de l'opération israélienne Pilier de défense contre Gaza.

Assassinats ciblés d'Israël

À en croire le porte-parole du Jihad islamique, Daoud Chihab, c'est Israël qui aurait violé l'accord en abattant mardi trois de ses combattants après un raid aérien dans la bande de Gaza. Or, ces derniers auraient tout d'abord tiré au mortier sur des troupes israéliennes positionnées à la frontière. "Le Jihad islamique ne souhaitait pas une escalade, mais Israël a commis de nombreuses violations de la trêve, au point de renier son engagement de cesser sa politique d'assassinats", a souligné le porte-parole du mouvement. Fin janvier, deux autres militants islamistes, Ahmed Mohamed Zanin et Ahmed Saad, avaient été abattus par Tsahal à Gaza, provoquant la fureur du groupe islamiste radical.

"Il existe une politique délibérée d'assassinats ciblés par Israël", explique Jean-Paul Chagnollaud (1), professeur des universités et directeur de l'Iremmo (Institut de recherche et d'études Méditerranée Moyen-Orient). "Si l'explication d'Israël est de prévenir des attentats terroristes, le fait d'abattre des gens jugés potentiellement dangereux contribue clairement à provoquer un engrenage à Gaza, où la situation est extraordinairement sensible."

Quand le Hamas fait la police

Tout d'abord fermement engagé dans la lutte armée contre l'État hébreu, le Hamas a changé de stratégie après la dévastatrice opération israélienne Plomb durci fin 2008. Conscient de son infériorité militaire, le mouvement islamiste a alors conclu un accord tacite au coeur de Gaza. Les autres factions palestiniennes armées - le Jihad islamique, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), les Comités de résistance populaire - ont été sommées de mettre fin à leurs tirs de roquettes sur Israël, à moins d'avoir été prises pour cible en premier. Pour vérifier son application, le Hamas met en place à la frontière une police locale anti-roquette.

"Cette police avait clairement pour indication d'intervenir pour empêcher les tirs en direction d'Israël", explique Olivier Danino (2), chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique (Ifas). "Le Hamas est un mouvement pragmatique. Au pouvoir, sa priorité est la maîtrise de la bande de Gaza. Il sait très bien qu'il n'a pas intérêt à l'affrontement avec Israël, sauf en cas d'attaque d'ampleur." Soit exactement ce qui s'est produit lors de l'opération israélienne Pilier de défense, en novembre 2012.

Les agissements de la police anti-roquette du Hamas révulsent bientôt de nombreux militants, furieux de se retrouver à réprimer leurs frères palestiniens au lieu de combattre Israël. Ils sont ainsi de plus en plus nombreux à quitter le Hamas, au profit de groupes plus petits, mais plus radicaux et imprévisibles. Parmi eux, le Jihad islamique et ses Brigades Al-Qods occupent une place de choix. Composées de plusieurs centaines de combattants, elles se démarquent du Hamas par leur pouvoir de nuisance, grâce à un financement assuré par l'Iran.

Le Hamas orphelin

Car, depuis 2012 et le soutien du Hamas à la révolution syrienne, le mouvement islamiste s'est brouillé avec ses principaux bailleurs de fonds : Damas et Téhéran. L'organisation palestinienne avait tout d'abord cru pouvoir se reposer sur les Frères musulmans égyptiens, qui sont arrivés au pouvoir au Caire à la faveur du Printemps arabe. Mais le renversement des islamistes égyptiens par l'armée, suivi d'une politique d'éradication des Frères musulmans, a sonné le glas des nouvelles ambitions du Hamas. Désormais, l'Égypte du général Abdel Fattah al-Sissi impose elle aussi un blocus extrêmement sévère à Gaza, dont elle a pris soin d'inonder la plupart des tunnels de contrebande.

Considérablement affaibli sur le plan tant politique qu'économique, le Hamas, qui n'a pas pour autant coupé tous ses liens avec l'Iran, semble aujourd'hui plus qu'embarrassé par le regain de tension à Gaza. S'il juge Israël "coupable" de l'escalade, le mouvement islamiste a appelé "la résistance palestinienne et ses branches militaires" à "agir sur le terrain à bon escient (...) afin d'éviter de faire couler le sang du peuple et de protéger ses intérêts". Cela n'a pas empêché Israël de brandir la responsabilité du Hamas dans les violences, avant de s'attaquer également à ses positions.

Menace interne

"Le Hamas est responsable de la bande (de Gaza) et s'il ne sait pas comment empêcher les tirs contre Israël depuis son territoire, nous agirons contre lui", a ainsi déclaré le ministre de la Défense israélien Moshe Yaalon. "La stratégie israélienne est la même depuis des années, souligne le chercheur Olivier Danino. Dès lors que des roquettes sont tirées depuis Gaza, Israël estime qu'il doit intervenir." Une position qui plombe l'autorité du Hamas.

Un récent rapport publié par les chefs de mission de l'Union européenne à Jérusalem-Est et à Ramallah souligne que "le Jihad islamique en Palestine continue à représenter la menace interne la plus puissante pour le Hamas, à la fois politiquement et militairement". Une conclusion que tempère le spécialiste Jean-Paul Chagnollaud. "Le Jihad islamique n'est pas ancré politiquement à Gaza et ne veut pas s'engager en politique", souligne-t-il. "En revanche, sa posture d'organisation qui résiste à Israël lui apporte un regain de popularité, et sa force de frappe lui permet d'avoir une influence certaine sur les événements" dans la région.

Une situation qui rappelle curieusement l'opposition entre le Fatah et le Hamas à la fin des années 1990. À la différence du parti laïque dirigeant l'Autorité palestinienne qui a renoncé à la lutte armée, le mouvement islamiste n'a jamais officiellement reconnu les accords d'Oslo, signés en 1993, qui devaient aboutir à la création d'un État palestinien. Ainsi, l'échec politique du Fatah, couplé à la posture révolutionnaire du Hamas, a considérablement gonflé la popularité des islamistes, jusqu'à ce qu'ils remportent les législatives de 2006 avant de s'emparer l'année suivante du pouvoir par la force à Gaza.

(1) Jean-Paul Chagnollaud, auteur avec Sid-Ahmed Souiah de Atlas des Palestiniens (Autrement, 2014).

(2) Olivier Danino, auteur de Le Hamas et l'édification de l'État palestinien (éditions Karthala).

source : http://www.lepoint.fr/monde/israel-pale ... 198_24.php
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TCRS
 
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Re: Israël-Palestine : le Jihad islamique, enfant terrible d

Nouveau messagede Reloaded » 17 Mar 2014 20

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Re: Israël-Palestine : le Jihad islamique, enfant terrible d

Nouveau messagede Reloaded » 29 Mar 2014 12

zacarie 2:8 Car ainsi parle l'Éternel des armées : Après cela, viendra la gloire ! Il m'a envoyé vers les nations qui vous ont dépouillés ; Car celui qui touche a Israel touche la prunelle de son oeil.
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